Encadrer l’agrivoltaïsme : Une Solution Contre la Spéculation Foncière
- Agrivoltaïsme Sud-Ouest
- 25 déc. 2024
- 3 min de lecture
L’agrivoltaïsme, qui combine agriculture et production d’énergie solaire, est une innovation prometteuse pour répondre aux défis climatiques et énergétiques. Cependant, cette pratique est aujourd’hui menacée par un phénomène inquiétant : la spéculation foncière. Des terres agricoles, essentielles à la souveraineté alimentaire, sont détournées de leur vocation première pour des projets énergétiques peu encadrés. Dans cet article, nous explorons comment un cadre réglementaire peut protéger les terres agricoles tout en valorisant l’agrivoltaïsme comme levier de transition écologique.

Qu’est-ce que l’agrivoltaïsme ? Un double usage aux multiples avantages
L’agrivoltaïsme repose sur l’installation de panneaux solaires sur des parcelles agricoles, permettant à la fois de produire de l’énergie et de maintenir une activité agricole. Ces panneaux, souvent mobiles, peuvent être ajustés pour optimiser la lumière reçue par les cultures.
Cette technologie offre de nombreux avantages :
Optimisation des terres : une même parcelle produit à la fois de l’énergie et des denrées agricoles.
Adaptation au climat : les panneaux peuvent protéger les cultures des aléas climatiques comme les fortes chaleurs ou les pluies excessives.
Diversification des revenus : les agriculteurs peuvent bénéficier de revenus supplémentaires grâce à la vente d’électricité.
Cependant, cet attrait économique attire également des investisseurs extérieurs au monde agricole, motivés par la rentabilité des panneaux solaires. Ce phénomène engendre une spéculation foncière qui menace directement l’agriculture.
Spéculation foncière : un danger pour les terres agricoles
La spéculation foncière liée à l’agrivoltaïsme se traduit par une augmentation artificielle des prix des terres agricoles. Les grandes entreprises énergétiques, attirées par les bénéfices de l’énergie solaire, achètent des terrains à bas coût pour y installer des panneaux solaires, parfois sous prétexte d’agrivoltaïsme.
Les conséquences de cette spéculation sont préoccupantes :
Raréfaction des terres agricoles : les agriculteurs peinent à acheter ou louer des terres pour leurs activités.
Menace sur la souveraineté alimentaire : des terres dédiées à la production alimentaire sont détournées pour des usages énergétiques.
Déséquilibre territorial : les zones rurales voient leur vocation agricole remise en question, au profit d’intérêts financiers.

Comment encadrer l’agrivoltaïsme pour éviter les dérives ?
Pour protéger les terres agricoles et garantir un agrivoltaïsme durable, il est essentiel de mettre en place un cadre réglementaire strict. Voici les principales mesures à envisager :
1. Une définition légale stricte de l’agrivoltaïsme
Il est crucial de distinguer les projets réellement agrivoltaïques des simples fermes solaires déguisées. Une définition légale devrait inclure des critères comme :
La part de revenus agricoles dans le projet.
Des indicateurs de productivité agricole minimale.
Les projets agrivoltaïques devraient être portés principalement par des agriculteurs ou des coopératives agricoles. Cette approche garantirait que les terres restent au service de l’agriculture.
3. Encadrement de l’emprise des panneaux solaires
Pour éviter que les terres agricoles ne deviennent des centrales solaires, la surface occupée par les panneaux doit être limitée. Par exemple, un pourcentage maximal de couverture pourrait être imposé, garantissant un équilibre entre énergie et agriculture.
4. Taxation des achats spéculatifs
Une taxe spécifique sur les transactions foncières spéculatives pourrait décourager l’achat massif de terres agricoles par des investisseurs non agricoles. Les fonds collectés pourraient être réinvestis dans des projets agroécologiques.
L’agrivoltaïsme comme outil d’agroécologie
Encadré correctement, l’agrivoltaïsme peut devenir un pilier de l’agroécologie. Il s’agit d’intégrer cette technologie dans des pratiques agricoles durables, en respectant les écosystèmes locaux et les besoins des agriculteurs.
Par exemple :
Les panneaux solaires peuvent protéger les cultures sensibles des excès de chaleur ou de lumière.
Ils peuvent réduire l’évaporation de l’eau, optimisant ainsi l’irrigation.
Ils favorisent une diversification des activités agricoles, renforçant la résilience des exploitations face aux crises.

Agrivoltaïsme : Protéger l’agriculture, valoriser l’énergie
L’agrivoltaïsme représente une opportunité unique pour concilier transition énergétique et agriculture durable. Mais son succès dépend de la mise en place d’un cadre législatif solide, capable de prévenir les dérives spéculatives et de garantir que cette pratique reste au service de l’agriculture.
En encadrant l’agrivoltaïsme, nous pouvons transformer cette innovation en un véritable levier pour la souveraineté alimentaire et la lutte contre le changement climatique. Les terres agricoles sont un bien commun précieux : il est de notre responsabilité collective de les protéger tout en les valorisant.
תגובות